Exposition à la médiathèque de la Villa Burrus (Sainte Croix aux Mines) - Novembre 2004

© Dernières Nouvelles d'Alsace - Sam 11 sept. 2004
La peinture, passion d'une vie
Après
une vie professionnelle et publique bien remplie, Charles Waechter est revenu à la
peinture qui le passionne depuis sa jeunesse.(Photo DNA)
Avec la peinture et la sculpture,
c'est une autre facette de Charles Waechter que l'on découvre. Dans son atelier du Petit-Rombach, il explique : « Je
peins depuis l'âge de 15 ans. A 25 ans, j'ai exposé à Paris,
au pavillon Saint-Augustin. J'ai aussi fait quelques petites expositions locales,
mais naturellement, pendant ma carrière professionnelle, j'avais un
peu mis ma passion entre parenthèses. Je l'ai reprise à temps
plein depuis ma retraite ». Une soixantaine d'oeuvres signées
Charles Waechter seront exposées à l'ouverture de la médiathèque.
Elle sont de trois types : des peintures à l'huile, des aquarelles,
et des sculptures et modelages.
« Je fais du figuratif, des paysages et des portraits. Je tire
mes inspirations de mes voyages (en Inde ou au Pérou ), mais aussi de
la vallée et de notre région. Ma famille me sert également
de modèle. Ce qui m'intéresse dans les personnages, ce sont les
positions, celles très marquées de la vie quotidienne ».
De l'aquarelle au bronze
S'il en est venu à la sculpture, très récemment, c'est parce qu'il recherchait la 3e dimension. « En sculptant, on a l'impression de participer à une création. C'est la naissance d'un personnage ». La plupart de ses sculptures sont en terre crue (composées de terre séchée à l'air libre et montée sur une structure afin de donner de la rigidité à l'ensemble), mais il a aussi réalisé quelques bronzes. Des bustes, des personnages, des corps. Cependant, la peinture reste son art de prédilection. L'artiste utilise volontiers le couteau ou la brosse selon ses inspirations ou ses besoins. Il s'intéresse à différentes choses, mais a tenu à donner une certaine cohérence à cette exposition qu'il partagera avec Nadine Hestin-Rustenholtz et Claudine Cottel à la Villa Burrus.
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Couverture de l'invitation des concerts aux chandelles de Saint-Pierre-sur-l'Hâte (Val d'Argent - Haut-Rhin)

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Journal L'Alsace
"Charles
Waechter, artiste-peintre...
Jamais abstrait, toujours
figuratif...
...
Autodidacte et heureux de l'être, il chante sa peinture qu'il découvrit dès
l'âge de 10 ans avec cette convaincante sérénité qui fait le bonheur des complicités
estudiantines.
"Dans tous les arts - et la peinture en particulier - le travail ne suffit
pas. Il s'agit du don". Du crayon au fusain et de l'aquarelle à l'huile,
il a multiplié ses essais sans jamais déterminer ses choix. Même le couteau
a caressé ses toiles. Pour lui, pas "d'époque", de "période",
ni bleue ni rose, et pas d'école. Une règle générale... "Jamais abstrait,
toujours figuratif". Et le peintre se lève. Ses yeux d'oiseau migrateur
s'égarent de tableau en toile, de dessin en esquisse qui se chevauchent aux
murs de sa maison devenue galerie pour se rapprocher des miniatures qui sont
ses dernières oeuvres de vacances marines, jeter un oeil sur une rue d'Antibes
sans Bechet, et s'arrêter, un instant, devant un étonnant Don Quichotte flanqué
de son inséparable Sancho Pança, curieusement installé au-dessus d'un miroir
au pied de l'escalier qui conduit à l'étang où l'artiste va poursuivre sa visite
guidée avec la mobilité du vif argent, tout en mettant de l'ordre dans son désordre,
tant il aurait de choses à dire...
Il s'arrête un instant qui vaut
son pesant d'éternité devant le portrait de sa fille et de son fils, le temps
d'un commentaire qui se passe de parole quand un signe du doigt désigne un bonheur
auquel seul un peintre peut goûter mille fois. Comme un étonnant contrat d'assurance
qu'aucun assureur ne saurait assurer mais que l'artiste a signé, depuis longtemps...
Charles Waechter adore les portraits. Son esprit incisif n'en a pas fait pourtant
jusqu'ici, à notre connaissance, un carricaturiste et il se défend, par exemple,
de faire des portraits sur mesure à la vue d'une photographie. Il prend le temps
d'observer et de s'exprimer, tout simplement, avec le coeur. Le personnage n'est
ni modèle, ni sujet, il est complice du peintre.
Et puis, c'est
le voyage jusqu'à
son atelier, au bout de la dernière marche. En attendant que le peintre, pour
se ressembler plus encore, mette sa blouse, rassure son chevalet impatient et
emprisonne son pouce dans une palette aux gerçures irisées, je voyais, ce jour-là,
du haut de sa tourelle, un premier soleil de printemps sur l'étang gelé, aux
couleurs de mousses ou de crapauds à fleur de peau d'une eau que seul un pinceau
pourrait faire trembler pour l'envoi étourdi d'une libellule, que seul un orage
pourrait colorer d'ocre et de miel, que seul un rêve de saule pleureur pourrait
réconforter, un soir où l'on aurait le coeur à marée basse...
Sur le mur de sa retraite, une devise qu'il fait sienne et qu'il répète comme
on distille un psaume... "L'art doit être beau, difficile et rare à la
fois". "Beau pour le plaisir, difficile pour le plaisir et rare pour
le plaisir..."