Poursuivant sa quête des formes, Charles Waechter ne se contente pas de modeler la terre. L’eau et le feu seront les ingrédients indispensables pour aboutir au sommet de son art qu’il réalise dans le bronze.

On découvre chez Charles Waechter un artiste qui essaie de se réaliser entre l’imagination, l’émotion et la raison, entre ce qui  est propre aux sentiments et ce qui induit la réflexion. Cet équilibre recherché lui permet de laisser la porte ouverte entre sa conscience et son inconscient.
La beauté fut longtemps synonyme d’équilibre des parties par rapport au tout, en référence au monde créé selon un ordre divin. Puis, les artistes se sont de plus en plus intéressés à eux-mêmes, jusqu’à trouver dans leurs pulsions, l’inspiration la plus libre possible où le rêve se confond avec le réel.  C’est une chance inouïe, car il est essentiel pour un artiste de se libérer des contraintes afin de créer du neuf, mais n’est-ce pas aussi un risque ?

On objectera qu’à toutes les époques, les créations artistiques ont déchaîné des polémiques violentes et que seul le recul permet de discerner ce qui doit subsister. C’est vrai, mais faut-il se taire face à un désordre où tout est permis, des élucubrations les plus consternantes aux fantasmes les plus morbides ? Une certaine avant garde de l’art contemporain exprime cette déchirure de l’esprit, due à la perte des repères, perceptible dans tous les domaines. Or l’art n’est pas uniquement le reflet d’une époque, il est aussi le révélateur de l’énergie humaine qui a besoin, pour être activée, de ne pas oublier les permanences véhiculées par la culture.